Semaine sans pesticides : tout bénef pour les araignées !!!

Une fois n’est pas coutume, sortons un peu des sentiers battus et abordons un sujet d’écologie beaucoup plus large : les pesticides.

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Du 20 au 30 mars 2013 se déroulera « la semaine sans pesticides », campagne de sensibilisation contre l’utilisation de ‘substances chimiques destinées à repousser, détruire ou combattre les ravageurs et les espèces indésirables de plantes ou d’animaux causant des dommages aux denrées alimentaires, aux produits agricoles, au bois et aux produits ligneux, ou des aliments pour animaux‘… tout est dit, ou presque.

Débat délicat puisque certains maintiennent encore aujourd’hui que l’utilisation des pesticides permet d’augmenter de façon substantielle la production agricole afin de nourrir la population mondiale. Oui mais a quel prix ?

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L’invention des pesticides remonte a bien longtemps : la première famille, les organochlorés dont le célèbre DDT datent de 1937. Saviez-vous que c’est en élaborant des armes chimiques à base de chlore lors de la première Guerre Mondiale (le gaz moutarde, surnommé ypérite en lien avec le nom de la ville où il fut utilisé pour la première fois en 1917 à Ypres, en Belgique) que l’on s’est rendu compte de la forte toxicité de ces produits sur les insectes et que l’on a donc inventé les insecticides ?

Le boum des pesticides date quant à lui des années soixante et de la « révolution verte ». Les organochlorés ont laissé la place aux organophosphorés et aux carbamates, qui perturbent le développement neurologique des insectes. Et nous dans tout cela ? Nous sommes les cobayes vivants d’une vaste campagne d’utilisation et de consommation de produits chimiques depuis plus de quarante ans.

 

Alors, « la semaine sans pesticides » c’est quoi ?

C’est une mobilisation d’un nombre important de personnes pour expliquer les retombées de l’utilisation des pesticides sur notre environnement et de surtout proposer des alternatives. Stands, conférences, débats, ateliers, visites guidées…

Un site : http://www.semainesanspesticides.be/

Que puis-je faire ?

Ça commence dans nos maisons en supprimant l’utilisation des bombes aérosols ou autres diffuseurs électriques pour tuer par exemple les moustiques. Posez un moustiquaire au-dessus de votre lit, c’est simple et vous aurez l’impression d’être en voyage dans un pays exotique. Et puis, qu’est-ce qu’elles mangeront les araignées s’il n’y a plus de moustiques dans la chambre ?

Cela continue au jardin où l’on supprimera l’utilisation de pesticides en choisissant certaines associations de plantes, en limitant les apports d’engrais (qui attirent les pucerons!!!), en favorisant la lutte biologique, en préconisant des espèces végétales indigènes… Que deviendrait une plante sans insectes pour la polliniser ? Tout est question d’équilibre.

Cela continue dans nos assiettes : Faut-il manger des produits bio ? J’ai envie de répondre « autant que faire se peut »…

Certains diront que les produits bios coûtent plus chers… oui et non. Si vous achetez des fruits et légumes de saison chez un maraîcher bio, ou si vous optez pour les paniers bio, cela coûte beaucoup moins cher. Ce sont les supermarchés qui jouent les trouble-fête en vendant des légumes bio emballés individuellement (dans un sachet en plastique en plus) deux fois le prix d’un légume non bio.

Les légumes et fruits biologiques ne sont pas meilleurs en goût mais étant donné qu’ils sont de saison, ils mûrissent naturellement, sont moins gorgés d’eau, et contiennent donc, à poids égal, plus de nutriments…

Je suis convaincue que l’on ne devrait pas vendre ces fruits et légumes sous l’appellation « bio », mais par contre mieux étiqueter les autres produits non bio du genre « oranges traitées à l’orthophénylphénol » ; « fraises espagnoles traitées aux cyprodinil, fludioxonil, fenhexamide, tolylfluanide et azoxystrobine » ; « mandarines aux fenthion ».

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Encore quelques arguments contre les pesticides ? : les pesticides déséquilibrent l’environnement et appauvrissent les sol ; les agriculteurs manipulant des pesticides développent de plus en plus de maladies neurologiques ; les consommateurs ne sont absolument pas informés des risques toxiques liés à l’ingestion de ces produits chimiques ; les nombreux composés chimiques des pesticides ont toujours été testés isolement, on ne connaît donc pas les réelles retombées sur la santé lorsque ces composés sont mélangés à des résidus d’autres composés encore présents dans les sols, on parle donc de plus en plus de l’effet cocktail ; 25 à 75% des pesticides ne se déposent pas sur la cible lors d’un traitement et tuent donc tout ce qu’il ne faudrait pas tuer…

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D’après le rapport analytique sur l’état de l’environnement wallon 2006-2007), on estime que 8.300 tonnes de pesticides ont été utilisées en Belgique, dont moins de 40% (+ ou – 3.000 tonnes) en Région wallonne. Un peu plus de 50% sont utilisées en agriculture et 34,2% par les particuliers et les communes. (http://www.semainesanspesticides.be/les-pesticides)

Pour terminer mon argumentaire, je vous conseille la lecture d’un ouvrage récent et qui tombe à point nommé pour l’élaboration de cet article :

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« Cessons de tuer la terre pour nourrir l’homme ! Pour en finir avec les pesticides » par Jean-Marie Pelt (avec la collaboration de Franck Steffan) aux éditions Fayard.

Les premiers chapitres du livre sont assez sombres et je dois dire que c’est la première fois que l’on trouve autant de pessimisme dans un ouvrage de Mr Pelt… mais le sujet est suffisamment grave et il offre néanmoins des solutions, des alternatives. On en apprend beaucoup sur les associations végétales, allélopathies, mycorhizes…

Enfin, si vous n’êtes pas encore convaincu qu’il faut se poser des questions quant à l’utilisation des pesticides, voici quelques morceaux choisis de l’ouvrage référencé ci-dessus :

« On a tout récemment montré que le niveau de testostérone chez les hommes diminue lorsque augmentent dans leurs urines les quantités de métabolites de deux insecticides très courants, le chlorpyrifos et le carbaryl… des populations de femmes testées ayant préparé et employé des herbicides ont manifesté des problèmes de reproduction, notamment des taux d’infertilité vingt-sept fois plus élevés que chez d’autres femmes. »

« Dans une étude de l’Institut français de l’environnement (IFEN, Des pesticides dans les eaux ; données 2003-2004, dossier n°5, août 2006), on apprend que 96% des cours d’eau français et 61% des eaux souterraines contiennent au moins un pesticide. Ces pesticides ne viennent pas seulement de l’infiltration des substances épandues, mais aussi de celles des eaux de pluie, car, selon l’INRA (Institut national de la recherche agronomique), 25 à 75% des quantités pulvérisées partent dans l’atmosphère, contaminant l’air, les pluies et le brouillard. »

« les plantes rejettent par transpiration les pesticides qu’elles ont prélevés dans le sol par leurs racines. Ils passent alors dans la rosée… c’est d’elle que les abeilles s’abreuvent le matin »

En complément, je vous conseille les films-documentaires suivants :

Guerre et paix dans le potager de Jean-Yves Collet

Notre poison quotidien de Marie-Monique Robin

Nos enfants nous accuseront de Jean-Paul Jaud

Solutions locales pour un désordre global de Coline Serreau

Alors ? Convaincus ?

Brigitte Segers

A propos de la Régionale Natagora-Bruxelles

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Les bénévoles de la Régionale Natagora-Bruxelles, lors de la remise du prix Duvigneaud en 2008. Photo : Olivier Decocq

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