Exposition « Au fil des araignées » : nous y sommes allés…

Ce dimanche 12 février, quelques membres du GT Spidermanneke ont bravé le froid et surtout le réveil très matinal pour descendre (en train) sur Paris… But de cette escapade, visiter l’exposition « Au fil des araignées » qui se tient actuellement au Museum National d’Histoire Naturelle.

Pour la visite, c’est par ici… (vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir)

Je crois que nous y sommes… je commence déjà à voir des étoiles…

L’exposition s’articule sur différents thèmes et aborde de manière ludique et scientifique les araignées sous tous les angles. On commence par visionner des petites séquences de personnes évoquant des rencontres avec des araignées. Plus loin, on nous explique la place de l’araignée dans le milieu urbain, combien sont-elles au mètre carré, leur structure générale, les diverses évocations des araignées au cinéma, les emprunts du mot araignée (araignée de boeuf, orchidée araignée) …. J’ai discuté avec un monsieur qui était très surpris d’apprendre que les araignées n’étaient responsables en moyenne que de 0,5 morts par an sur la population mondiale, bien moins que les serpents, les scorpions ou les champions toutes catégories – les hyménoptères (guêpes abeilles frelons) – avec près de 400 morts par an…

Différentes planches photos abordent formes, couleurs et adaptations au milieu.

A chaque point d’intérêt, des bornes invitent le visiteur à répondre à des questions, appuyer sur des boutons, tourner des manettes, toucher des objets, découvrir des images, chercher des araignées cachées dans le paysage, observer des tas de choses.

La section abordant le sujet de la digestion est particulièrement réussie puisque les gens sont invités à actionner une sorte de soufflet relié à un tube pour imiter l’aspiration qui permet à l’araignée d’avaler sa nourriture transformée en bouillie. Un dispositif très ingénieux montre également la différence entre les araignées mygalomorphes et araneomorphes : c’est le visiteur qui actionne avec ses deux mains les deux chélicères afin de les planter dans deux petits trous. En fonction de la disposition des chélicères, on doit donc faire des mouvements latéraux ou verticaux pour enfoncer les chélicères. Malin !

Les enfants ne sont pas oubliés. Toute l’exposition est abordable à tous les niveaux, et est de ce fait bien pensée ! On ne s’ennuie pas une seconde : des binoculaires sont mis à disposition pour permettre aux gens d’observer des filières, chélicères, yeux, pattes, … Une salle permet aux jeunes (et moins jeunes) de dessiner les parties manquantes de quelques espèces, ou de retrouver les différents noms associés à l’anatomie de l’araignée. Même les grands enfants s’y sont mis…

chercher l’erreur (ou plutôt les erreurs)

Ce qui m’a interpellée, ce sont des illustrations de Gail Gosschalk, artiste franco-anglaise qui s’est amusée à incorporer de fausses croyances sur les araignées dans des illustrations à l’ancienne… Ces fausses croyances furent répertoriées par un aranéologue français, Pierre Bonnet, qui fit l’analyse de toute la littérature consacrée aux araignées des origines à 1930. Cette section « les légendes ont la vie dure » m’a rappelé combien il est difficile de faire disparaître ce genre d’invraisemblances sur les araignées qui pondent sous la peau, rentrent dans les oreilles ou sucent le sang de l’homme pendant la nuit… il y a encore beaucoup de travail de ce côté là !

Une partie de l’exposition dévoile également, avec beaucoup d’humour, le travail des aranéologues, en particulier celui de Christine Rollard, araneologue et conseillère scientifique pour cette exposition.

« Les arachnophobes sont nombreux, les araneologues sont plus rares » !!!

A méditer !

Mes pièces préférées :

une échelle pour Tégénaire ; quelques prédateurs des araignées ; mygalerie ; représentation de la smiley-spider ou funny-face spider (Theridion grallator)

Il était temps pour nous de passer à table :

En résumé, une exposition très intéressante, que nous vous recommandons ; humour, informations généralistes et scientifiques, approche très complète de l’animal dans son ensemble et sans sensationnalisme. Tout a été fait pour mettre en exergue le côté intéressant et agréable de nos sympathiques araignées. Très peu de bêtes vivantes (et c’est très bien) dont une superbe Néphile qui venait de pondre dans le coin de sa « cage », ainsi que des araignées dites sociales (qui cohabitent ensemble). Pour ma part, je trouve que cette exposition est une réussite et que les gens qui prennent la peine d’y aller apprendront beaucoup de choses et auront probablement moins d’appréhension sur ce sujet controversé. Dites à vos collègues de travail que vous allez jusqu’à Paris pour visiter une exposition sur les araignées, et vous verrez déjà les différentes réactions sur les visages.

En espérant que nous pourrons voir ce genre d’exposition un jour chez nous…

Brigitte Segers

Sortie Scheutbos 24 avril 2011

Description de quelques espèces :

Le groupe

C’est sous un soleil de plomb (plus de 25°C) que le GT araignées – Spidermanneke organisait sa première sortie de l’année. Nous étions une dizaine à partir à la recherche, non pas des traditionnels œufs de Pâques, mais bien des araignées dans ce superbe site du nord-ouest de Bruxelles : le Scheutbos.

Première constatation, vu le temps estival de ce week-end, le parc est pris d’assaut par des personnes venues y rechercher un peu de fraîcheur et de nature. Nous ne serons donc pas les seuls à avoir le nez dans l’herbe…

Notre première araignée de l’après-midi est une Pisaura mirabilis, (Pisauridae) se baladant dans des hautes herbes. Avec son abdomen fusiforme, pas moyen de la confondre avec aucune autre araignée. Nous pouvons facilement observer sa petite crête de couleur crème sur son céphalothorax et Robert nous rappelle les mœurs on ne peut plus courtoises du mâle apportant un petit cadeau à sa femelle en vue d’occuper les chélicères de celle-ci durant l’accouplement. Par contre, nous apprenons également que certains mâles, après avoir copulé, reprennent une partie du cadeau offert pour le donner à une autre femelle. Vous avez dit courtois ?

Pisaura mirabilis transportant son cocon (photo prise hors du Scheutbos) B Segers

Cette espèce chasse à l’affût, ne construisant pas de toile. Les femelles transportent leur cocon rempli d’oeufs dans leurs chélicères (à l’avant) et construisent ensuite une toile pouponnière qu’elles gardent vaillamment (essayez de vous approcher d’un « nid » de Pisaure lorsqu’il y a des bébés araignées dedans) jusqu’à leur mort (et la dispersion des bébés).

Pisaura mirabilis défandant sa pouponnière (photo prise hors du Scheutbos) B Segers

Nous observons ensuite une autre espèce très courante, qui chasse également au sol, sans construire de toile : une Pardosa sp. (Lycosidae). Cette araignée fait partie du grand groupe des « araignées loups ». Contrairement aux Pisaures, les femelles de Lycosidae transportent leurs œufs dans un cocon attaché à leurs filières (à l’arrière). Une fois les œufs éclos, la femelle continuera à transporter ses petits sur le dos. A ce sujet, je vous conseille la lecture du chapitre consacré aux Lycoses rédigé par Jean-Henri Fabre.

Pardosa sp portant ses petits (photo prise hors du Scheutbos) B Segers

Les Lycosidae sont très courantes et il est donc logique que nous en observions plusieurs espèces en même temps, à savoir Alopecosa pulverulenta et Pirata piraticus (rattaché aux milieux humides). La Pardosa sp. s’avère être une Pardosa amentata.

Nous parlions de la difficulté de reconnaître à vue (ou sur base de photos) les différentes espèces d’araignées. Pourtant, il existe quelques espèces qu’il est impossible de confondre avec d’autres : Anyphaena accentuata (Anyphaenidae). Cette espèce (seule dans son genre et dans sa famille) se caractérise par la présence d’un double chevron noir sur son abdomen clair, ce qui lui a d’ailleurs valu le surnom d’araignée Citröen. Il faut croire que nous étions tombés sur un concessionnaire car nous avons trouvé de nombreux individus, mâles et femelles…

Sous les montants métalliques d’un petit pont, de très nombreuses toiles attirent notre attention. Les spécimens réagissent immédiatement au diapason. Ces toiles ne sont ni géométriques, ni en forme de nappe ou de tube. Elles ressemblent plus à un enchevêtrement chaotique de fils. L’abdomen est fortement bombé lorsqu’il s’observe de côté et toutes ces caractéristiques nous amènent à la famille des Theridiidae. Après détermination sous binoculaire, Robert nous confirmera qu’il s’agit de Parasteatoda lunata.

Des toiles tubulaires, posées à même le sol ou dans les Orties, avec de petites araignées à l’abdomen rouge foncé nous font immédiatement penser à Agelena labyrinthica. Oui, mais n’oublions pas que la différence entre A. labyrinthica et Allagelena gracilens est tellement mince, surtout pour des espèces de cette taille, que nous devons appliquer le principe de précaution. Ceci dit, l’espèce Allagelena gracilens est relativement rare en Région bruxelloise et s’observe plus en fin d’été.

Agelena labyrinthica juvénile (hors Scheutbos) B Segers

Observation des plus intéressantes, un mâle de Pisaura mirabilis (Pisauridae) ayant raté sa mue. L’individu possède effectivement deux pédipalpes anormalement allongés. Les mâles muent plusieurs fois avant de porter leurs pédipalpes définitifs, prêts à la reproduction et arborant une structure complexe (en tous les cas pour les araignées entelegynes). Ce mâle ne pourra donc pas se reproduire.

Pisaura mirabilis mâle ayant raté sa mue

La saison n’est pas encore propice à l’observation des toiles orbitèles, hormis quelques Tetragnathidae – genre Tetragnatha et Mettelina (mengei au printemps ; segmentata en automne). Nous observons pourtant une petite Cyclose conique (Cyclosa conica, Araneidae), facilement reconnaissable grâce à la présence d’une « bosse » ou protubérance au bout de son abdomen (d’où son nom) ainsi qu’à sa toile caractérisée par la présence d’une sorte de stabilimentum recouvert de débris végétaux en tout genre et qui lui permet de se camoufler. Il n’existe qu’une seule autre espèce qui construise une toile avec un stabilimentum : c’est l’Argiope fasciée ou Aranea bruennichi (Araneidae) qui a l’aspect d’un gros frelon.

La journée se termine par une nouvelle observation sur ce site ! Cheiracanthium erraticum, (Miturgidae). Anciennement classée dans la famille des Clubionidae, cette espèce tisse également une petit toile au creux d’une feuille (comme la plupart des Clubionidae) afin d’y capturer des proies et/ou d’y pondre et élever ses petits. Le specimen observé est de taille relativement importante (entre 5 et 7 mm) et assez agressif. J’apprendrai plus tard que Cheiracanthium fait partie des araignées dont la morsure (accidentelle) peut s’avérer douloureuse.

Ci-dessous, la liste complète des espèces observées et déterminées par Robert Kekenbosch durant cet après-midi.

Je remercie toutes les personnes présentes pour leur participation et leur entrain face à ces diverses observations, ainsi que Robert Kekenbosch qui nous a une fois de plus éclairé par ses connaissances.

Brigitte Segers

Agelena labyrinthica (Clerck, 1757)juvéniles

Agelenidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Amaurobius sp. (toile)

Amarobiidae

Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Anyphaena accentuata (Walckenaer, 1802)

Anyphaenidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Cyclosa conica (Pallas,1772)

Araneidae

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Molenbeek-Saint-Jean 24/04/2011

Clubiona reclusa O.P.-Cambridge, 1863

Clubionidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Nigma flavescens (Walckenaer,1830)

Dictynidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Linyphia sp. juvéniles

Linyphiidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Alopecosa pulverulenta (Clerck, 1757)

Lycosidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Pardosa amentata (Clerck, 1757)

Lycosidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Pirata piraticus (Clerck, 1757)

Lycosidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Cheiracanthium erraticum (Walckenaer, 1802)

Miturgidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Philodromus sp.

Philodromidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Pisaura mirabilis (Clerck, 1757)

Pisauridae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Metellina sp. juvéniles

Tetragnathidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Parasteatoda lunata (Clerck, 1757) juvéniles

Theridiidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Xysticus sp. juvénile

Thomisidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Première sortie 2011 du GT araignées

Bonjour à tous,

Le GT organise sa première sortie et part à la chasse aux oeufs de Pâques araignées le dimanche 24 avril 2011.

Si vous avez envie de venir voir comment le GT travaille et chatouille les araignées, vous pouvez vous joindre à nous. Mais il faut impérativement vous inscrire car nous limitons les groupes à 10 personnes pour plus de facilité (et il reste quelques places).

Inscriptions : gt.araignees@gmail.com

Rdv : Scheutbos – Dimanche 24 avril à 14h au chalet des gardiens du Parc Régional, au bout de la rue du Scheutbosch (1080 Molenbeek St-Jean). Celle-ci s’amorce en face du terminus du bus 86, et à proximité de l’arrêt « Machtens » du bus 49.

Séance binoculaire à L’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (05 février 2011)

Ce samedi 05 février 2011, le GT araignées « Spidermanneke » était invité par la Société Arachnologique de Belgique (Arabel) à participer à une séance d’observation et d’identification des principales familles d’araignées sous binoculaire.

C’est donc sous l’œil avisé et professionnel de Robert Kekenbosch que nous avons passé quelques heures à décoder les secrets anatomiques de ces drôles de petites bêtes.

La séance était précédée d’une introduction théorique bienvenue pour nous remettre les idées en place.

Binoculaire

Le groupe studieux

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Excursion au cimetière du Verrewinkel (12 juin 2010)

Excursion samedi 12 juin 2010 : Cimetière du Verrewinkel, avenue de la Chenaie 125 à 1080 Uccle

Le cimetière du Verrewinkel existe depuis 1945 (ouvert suite à la saturation du cimetière du Dieweg).

De par sa situation géographique, le cimetière de Verrewinkel joue un rôle important de liaison entre les zones spéciales de conservation Natura 2000 du Kauwberg d’une part et du Plateau Engeland d’autre part. Une flore relativement rare et spécifique des sols sableux est encore présente au cimetière.

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Excursion au Kauwberg (24 avril 2010)

Excursion au Kauwberg samedi 24 avril 2010 (en collaboration avec S.O.S. Kauwberg)

Nos guides : Robert Kekenbosch (aranéologue) et Renaud Delfosse (guide-nature)

C’est par un après-midi des plus ensoleillés de ce mois d’avril que nous sommes partis à la découverte de plusieurs familles d’araignées en compagnie de nos guides Renaud Delfosse et Robert Kekenbosch.

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