Araignée du mois (2) : Argiope bruennechi


Chaque mois, nous vous présentons une espèce d’araignée.

Argiope bruennichi femelle (photo B. Segers)

Les textes sont rédigés par les différents membres du GT.

Novembre 2011 : Argiope bruennichi par Sabyne Lippens

Nom latin: Argiope bruennichi (Scopoli, 1772)

Nom vernaculaire : Argiope frelon, Argiope fasciée, Epeire frelon


Famille : Araneidae
Taille : femelle, 15 mm ; mâle, 4 mm
Habitat : Grande toile près du sol, dans les herbes et la végétation basse.
Saison : adultes à partir de la fin de juillet (mâles); les femelles vivent jusqu’en octobre

Un dimorphisme sexuel important

La femelle possède un céphalothorax couvert de poils, un abdomen plutôt rond traversé de bandes noires séparées de zones alternativement jaunes et blanches, des pattes annelées de noir. Grâce au jaune de sa robe, couleur dissuasive pour les prédateurs, elle peut se placer bien en évidence au centre de sa toile.

La robe jaune et noire de la femelle a valu à cette espèce les noms vernaculaires d’Argiope frelon, Argiope fasciée ou en néerlandais d’araignée guêpe (Wespspin).

Le mâle, beaucoup plus petit, atteint à peine plus d’un tiers de la taille de sa compagne, son céphalothorax est brun et décoré de bandes latérales sombres, son abdomen est allongé et orné de deux bandes longitudinales brunes.

Argiope bruennichi mâle (photo B. Segers)

Une toile mystérieuse

Les toiles des Argiopes fasciées sont visibles de mai à septembre environ. Il s’agit d’une toile orbiculaire (de forme ± circulaire) tissée verticalement entre les hautes herbes et à moins d’un mètre de hauteur pour assurer la capture d’insectes, non seulement sauteurs, comme les criquets et sauterelles, mais aussi volants, comme les mouches et abeilles. La toile présente sur son secteur le plus vertical un épais zigzag blanc appelé stabilimentum. Plusieurs thèses tentent d’expliquer sa raison d’être : motif servant à consolider la toile, signal évitant aux oiseaux de s’y heurter, moyen d’attirer les insectes, construction permettant de régler la séquence de vibration de la toile afin que l’araignée puisse estimer la taille de la proie qui s’y est empêtrée, simple artifice de camouflage… bref, le mystère de la toile balafrée reste entier.

stabilimentum de l'Argiope bruennichi (femelle) (photo B. Segers)

Une reproduction de type chasse gardée

Le mâle, qui chez les araignées est sexuellement mature avant la femelle, construit sa toile près de celle de sa future compagne. Au moment où celle-ci devient sexuellement mature, c’est-à-dire après sa dernière mue, le mâle cherche à s’accoupler et si la femelle est réceptive l’accouplement a lieu. Au terme de l’accouplement, le mâle abandonne son palpe dans l’épigyne de la femelle, ce qui diminue les chances d’un rival de féconder la même femelle. Ensuite, la femelle produit jusqu’à trois cocons de couleur brune près de la toile où elle se tient à l’affût. Cette surveillance rapprochée durera jusqu’aux premières gelées qui l’emporteront si d’autres évènements ne l’ont pas tuée avant. Quant aux œufs, bien à l’abri du cocon, ils ne vont éclore qu’au printemps, suite à quoi les jeunes Argiopes se dissémineront.

cocon d'Argiope bruennichi (photo B. Segers)

Sabyne Lippens

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