FAQ : les araignées sont-elles dangereuses pour l’homme ?


Je profite d’un article fort intéressant paru sur le site actu-match du lundi 1 août 2011 pour répondre à une question tellement souvent posée : les araignées sont elles dangereuses?

Et pour ceux qui douteraient encore, voici la réponse. Je vous conseille bien évidemment le passage concernant les araignées…

Extrait de l’article  :

Serpents, scorpions, araignées: Faut-il en avoir peur?

Ils sont, pour beaucoup d’entre nous, la terreur de l’été. Rampant et s’infiltrant par surprise, ces animaux venimeux sont-ils dangereux ? Notre enquêtrice a bravé son effroi et interviewé des spécialistes.

Maryvonne Ollivry – Paris Match

« Si c’est pour écrire les trucs angoissants habituels, mieux vaut arrêter là. » Il était souriant, il ne l’est plus. Ivan Ineich, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle, erpétologiste passionné, veut bien décrire les espèces de serpents qui vivent en France. Il refuse d’abonder dans les poncifs qui nourrissent les terreurs. « Il n’y a qu’une cinquantaine de morsures en France par an, à peine cinq graves, une au maximum tous les deux ans qui soit mortelle ! » En somme, cet été, on aurait plus de risques de rendre l’âme en croisant une mâchoire de pitbull, un alcoolo au volant ou une balle perdue. Notre amoureux des reptiles se bat contre nos a priori et nos phobies. « Qu’au fin fond de l’Afrique des enfants pas chaussés, à des centaines de kilomètres de tout poste de secours, leur tapent dessus, passe encore, mais nous, qui n’avons quasiment rien à craindre de nos vipères ! »

A quelques bureaux de là, la dame aux yeux verts sourit. Habituée. Et elle aussi rompue aux grimaces quand elle présente ses protégées : velues, parfois noires, peu avenantes. Christine Rollard, chercheuse aranéologue, maître de conférences du Muséum, porte ses araignées en bague, en boucles d’oreilles, en collier. Dans son bureau old style, les bestioles trônent en majesté – peluches, tasses, cartes postales, gadgets —, au milieu des vraies, dans les bocaux d’alcool à 75 degrés ou bien vivantes dans des cages vitrées. A l’automne, elle leur consacre un ouvrage et une énorme exposition. Il y a tant à dire pour les réhabiliter. Et, à défaut de les aimer, ne pas les craindre et les respecter. Ne serait-ce que pour cesser de les écraser sans raison. « On ne déplore qu’une à cinq morts par an causées par des araignées… dans le monde entier, rappelle-t-elle. Aucune en France. »
Il est l’un des grands connaisseurs français des scorpions. Max Goyffon, chercheur et professeur honoraire, nous les montre baignant dans l’alcool, la queue inerte, inoffensifs. Et d’emblée prévient : « Les scorpions n’ont pas provoqué de mort en France depuis des siècles. » Ailleurs ? « On déplore 4 000 décès par an dans le monde. Officiellement. Pas de recensements exhaustifs dans les villages africains ou asiatiques, alors vous multipliez ce bilan par quatre ou cinq. » Heureux Hexagone qui nous préserve des pires turpitudes. Quoique… Les scorpions, araignées et serpents qui villégiaturent sous nos cieux sont tous dotés de venin. Venimeux, donc.

Une vingtaine d’araignées dans nos maisons

Si, grâce à la médecine, on n’en meurt plus, reste qu’ils ont de quoi nous faire passer de sales quarts d’heure… Là encore, d’après nos trois experts, pas tant que ça. Christine Rollard prend la main : « Attention à ne pas confondre venimeux et dangereux. Les araignées, par exemple, ont du venin, mais ce n’est pas pour cela qu’elles sont dangereuses pour l’homme. Ce venin réclame de l’énergie pour sa fabrication, elles ne vont pas le gâcher en nous attaquant : elles en ont trop besoin pour tuer leurs proies ! » Parce que les araignées qui, précision, ne sont pas des insectes mais des arachnides, ont des mœurs carnassières. Certaines ont même la fâcheuse manie de tuer leur mâle après le câlin. Christine Rollard poursuit : « Quand bien même elle aurait été surprise par l’homme et le mordrait, il y a une chance sur deux que ce soit une “morsure blanche” : sans venin. » Mais les 50 % restants ? On y vient. Pour comprendre, il faut savoir que sur 42 000 espèces d’araignées dans le monde, seules 1 600 sont répertoriées en France. « Dans nos maisons, déjà, il y en a une vingtaine à longueur d’année. Souvent on ne les voit pas, elles ne mesurent pas plus de 5 millimètres, sont cachées dans des endroits sombres (radiateurs, rideaux…). Elles n’hibernent pas, mais se déplacent peu, attendant que leurs futures proies échouent sur leur toile, ou alors la nuit. Il arrive aux mâles, plus coureurs comme il se doit, de traverser une pièce pour se dégoter une femelle. »

La plus grosse araignée domestique européenne est la tégénaire : 2,5 centimètres au maximum, de 8 à 10 avec les pattes. Caractéristique : elle fabrique une toile en nappe pourvue d’un entonnoir. Point commun avec toutes les autres : elle a bel et bien un venin. Alors ? Si une tégénaire avait la fâcheuse idée de nous confondre avec une mouche, un cafard, un acarien, ses mets favoris – preuve, en passant, qu’elle assure une bonne part de notre ménage –, « nous ressentirions éventuellement une petite douleur. Il peut y avoir ou non un bouton. A soigner comme une piqûre de moustique ».

Autre araignée fréquente sous nos toits, le pholque, qui fait moins peur parce que plus gracile avec ses pattes fines et son corps plus petit. « Il n’a pas les crochets assez grands pour s’attaquer à notre peau. Comme, d’ailleurs, 70 % des 42 000 araignées de cette planète : trop petites, elles ne peuvent mécaniquement nous mordre. » Quid alors de ces faits divers, de cet homme qui, en 2009, aurait été gravement piqué à Orange par une bestiole à huit pattes ? « Seule une dizaine d’espèces sont dites dangereuses. Chez nous, il en est une, effectivement, qui appartient au groupe des veuves noires : la Latrodectus tredecimguttatus, que les Corses ont eu la bonne idée de surnommer “Malmignatte”. Cette Veuve a un corps noir comme son nom l’indique, mais, coquetterie, parsemé le plus souvent de 13 points rouges. Les mâles mesurent moins de 1 centimètre (sans les pattes) et ne peuvent pas mordre. Les femelles, 1,5 centimètre, peuvent mordre. » Au mordu, alors, la farandole de symptômes : douleur intense au point touché, oppression, sueurs, tachycardie, grosse fatigue, « mais qui passent en général au bout de deux jours sans autre soin que le repos. Une seule fois on m’a signalé un cas qui avait entraîné une fatigue de quelques mois ». Quant à l’homme dont le bras a été gravement nécrosé, « on ne sait pas vraiment de quel animal il s’agit. Certains parlent d’une Loxosceles. »

Mais notre Loxosceles à nous – nous n’en avons qu’une espèce en France pour une centaine dans le monde – est inoffensive. Discrète, nocturne, de petite taille ; son venin ne semble pas avoir eu de grandes conséquences. Au pire, les tissus autour de la morsure se nécrosent et laissent parfois une cicatrice avec guérison lente. Là, à Orange, il a fallu faire une greffe de la peau. « Réaction allergique ? Loxosceles venue d’Amérique ? On ne sait »… Justement, et les voyages ? Ces mygales, grosses et velues, qui se logeraient dans les yuccas et débarqueraient, hordes assoiffées de sang, dans nos appartements… « Fantasme ! J’en profite, du reste, pour tordre le cou à une idée toute faite : quand les gens parlent de mygales, ils s’imaginent toujours un animal tropical d’au moins 10 à 15 centimètres. Non que celui-ci n’existe pas, mais d’abord il n’attaque pas l’homme, il le fuit ; ensuite, sur les 2 600 espèces de mygales au monde, il y en a plus de 2 000 qui sont petites ; enfin savez-vous que la mygale n’est pas forcément exotique, il en existe une vingtaine d’espèces en France, qui, discrètes, vivent dans des terriers, sortent la nuit, ne mesurent que 1 à 2 centimètres et n’ont jamais affolé personne ! » Pourtant là, à deux pas de son bureau encombré, il y en a de grosses velues dans leur terrarium qu’on n’aimerait pas retrouver à l’air libre… Nouveau sourire de Christine Rollard : « Il y a quelques années, trois se sont échappées. Deux semaines plus tard, on en a retrouvé une morte dans un coin, une autre mal en point deux étages en dessous, et la dernière dans cette pièce, qui n’a pas tardé à crever : manque de nourriture. Avec le développement des transports, cela peut arriver, c’est vrai, qu’une araignée embarque par inadvertance dans des bagages, des conteneurs, etc., mais elle ne survit guère confinée chez nous, par manque de chaleur, d’humidité et de proies ! Et pourquoi imaginer que les mygales sont dangereuses pour l’homme ? Encore une idée reçue ! »

… La suite de l’article sur les scorpions et serpents, c’est ici.

Bonne lecture

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