Sortie Scheutbos 24 avril 2011


Description de quelques espèces :

Le groupe

C’est sous un soleil de plomb (plus de 25°C) que le GT araignées – Spidermanneke organisait sa première sortie de l’année. Nous étions une dizaine à partir à la recherche, non pas des traditionnels œufs de Pâques, mais bien des araignées dans ce superbe site du nord-ouest de Bruxelles : le Scheutbos.

Première constatation, vu le temps estival de ce week-end, le parc est pris d’assaut par des personnes venues y rechercher un peu de fraîcheur et de nature. Nous ne serons donc pas les seuls à avoir le nez dans l’herbe…

Notre première araignée de l’après-midi est une Pisaura mirabilis, (Pisauridae) se baladant dans des hautes herbes. Avec son abdomen fusiforme, pas moyen de la confondre avec aucune autre araignée. Nous pouvons facilement observer sa petite crête de couleur crème sur son céphalothorax et Robert nous rappelle les mœurs on ne peut plus courtoises du mâle apportant un petit cadeau à sa femelle en vue d’occuper les chélicères de celle-ci durant l’accouplement. Par contre, nous apprenons également que certains mâles, après avoir copulé, reprennent une partie du cadeau offert pour le donner à une autre femelle. Vous avez dit courtois ?

Pisaura mirabilis transportant son cocon (photo prise hors du Scheutbos) B Segers

Cette espèce chasse à l’affût, ne construisant pas de toile. Les femelles transportent leur cocon rempli d’oeufs dans leurs chélicères (à l’avant) et construisent ensuite une toile pouponnière qu’elles gardent vaillamment (essayez de vous approcher d’un « nid » de Pisaure lorsqu’il y a des bébés araignées dedans) jusqu’à leur mort (et la dispersion des bébés).

Pisaura mirabilis défandant sa pouponnière (photo prise hors du Scheutbos) B Segers

Nous observons ensuite une autre espèce très courante, qui chasse également au sol, sans construire de toile : une Pardosa sp. (Lycosidae). Cette araignée fait partie du grand groupe des « araignées loups ». Contrairement aux Pisaures, les femelles de Lycosidae transportent leurs œufs dans un cocon attaché à leurs filières (à l’arrière). Une fois les œufs éclos, la femelle continuera à transporter ses petits sur le dos. A ce sujet, je vous conseille la lecture du chapitre consacré aux Lycoses rédigé par Jean-Henri Fabre.

Pardosa sp portant ses petits (photo prise hors du Scheutbos) B Segers

Les Lycosidae sont très courantes et il est donc logique que nous en observions plusieurs espèces en même temps, à savoir Alopecosa pulverulenta et Pirata piraticus (rattaché aux milieux humides). La Pardosa sp. s’avère être une Pardosa amentata.

Nous parlions de la difficulté de reconnaître à vue (ou sur base de photos) les différentes espèces d’araignées. Pourtant, il existe quelques espèces qu’il est impossible de confondre avec d’autres : Anyphaena accentuata (Anyphaenidae). Cette espèce (seule dans son genre et dans sa famille) se caractérise par la présence d’un double chevron noir sur son abdomen clair, ce qui lui a d’ailleurs valu le surnom d’araignée Citröen. Il faut croire que nous étions tombés sur un concessionnaire car nous avons trouvé de nombreux individus, mâles et femelles…

Sous les montants métalliques d’un petit pont, de très nombreuses toiles attirent notre attention. Les spécimens réagissent immédiatement au diapason. Ces toiles ne sont ni géométriques, ni en forme de nappe ou de tube. Elles ressemblent plus à un enchevêtrement chaotique de fils. L’abdomen est fortement bombé lorsqu’il s’observe de côté et toutes ces caractéristiques nous amènent à la famille des Theridiidae. Après détermination sous binoculaire, Robert nous confirmera qu’il s’agit de Parasteatoda lunata.

Des toiles tubulaires, posées à même le sol ou dans les Orties, avec de petites araignées à l’abdomen rouge foncé nous font immédiatement penser à Agelena labyrinthica. Oui, mais n’oublions pas que la différence entre A. labyrinthica et Allagelena gracilens est tellement mince, surtout pour des espèces de cette taille, que nous devons appliquer le principe de précaution. Ceci dit, l’espèce Allagelena gracilens est relativement rare en Région bruxelloise et s’observe plus en fin d’été.

Agelena labyrinthica juvénile (hors Scheutbos) B Segers

Observation des plus intéressantes, un mâle de Pisaura mirabilis (Pisauridae) ayant raté sa mue. L’individu possède effectivement deux pédipalpes anormalement allongés. Les mâles muent plusieurs fois avant de porter leurs pédipalpes définitifs, prêts à la reproduction et arborant une structure complexe (en tous les cas pour les araignées entelegynes). Ce mâle ne pourra donc pas se reproduire.

Pisaura mirabilis mâle ayant raté sa mue

La saison n’est pas encore propice à l’observation des toiles orbitèles, hormis quelques Tetragnathidae – genre Tetragnatha et Mettelina (mengei au printemps ; segmentata en automne). Nous observons pourtant une petite Cyclose conique (Cyclosa conica, Araneidae), facilement reconnaissable grâce à la présence d’une « bosse » ou protubérance au bout de son abdomen (d’où son nom) ainsi qu’à sa toile caractérisée par la présence d’une sorte de stabilimentum recouvert de débris végétaux en tout genre et qui lui permet de se camoufler. Il n’existe qu’une seule autre espèce qui construise une toile avec un stabilimentum : c’est l’Argiope fasciée ou Aranea bruennichi (Araneidae) qui a l’aspect d’un gros frelon.

La journée se termine par une nouvelle observation sur ce site ! Cheiracanthium erraticum, (Miturgidae). Anciennement classée dans la famille des Clubionidae, cette espèce tisse également une petit toile au creux d’une feuille (comme la plupart des Clubionidae) afin d’y capturer des proies et/ou d’y pondre et élever ses petits. Le specimen observé est de taille relativement importante (entre 5 et 7 mm) et assez agressif. J’apprendrai plus tard que Cheiracanthium fait partie des araignées dont la morsure (accidentelle) peut s’avérer douloureuse.

Ci-dessous, la liste complète des espèces observées et déterminées par Robert Kekenbosch durant cet après-midi.

Je remercie toutes les personnes présentes pour leur participation et leur entrain face à ces diverses observations, ainsi que Robert Kekenbosch qui nous a une fois de plus éclairé par ses connaissances.

Brigitte Segers

Agelena labyrinthica (Clerck, 1757)juvéniles

Agelenidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Amaurobius sp. (toile)

Amarobiidae

Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Anyphaena accentuata (Walckenaer, 1802)

Anyphaenidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Cyclosa conica (Pallas,1772)

Araneidae

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Molenbeek-Saint-Jean 24/04/2011

Clubiona reclusa O.P.-Cambridge, 1863

Clubionidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Nigma flavescens (Walckenaer,1830)

Dictynidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Linyphia sp. juvéniles

Linyphiidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Alopecosa pulverulenta (Clerck, 1757)

Lycosidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Pardosa amentata (Clerck, 1757)

Lycosidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Pirata piraticus (Clerck, 1757)

Lycosidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Cheiracanthium erraticum (Walckenaer, 1802)

Miturgidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Philodromus sp.

Philodromidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Pisaura mirabilis (Clerck, 1757)

Pisauridae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Metellina sp. juvéniles

Tetragnathidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Parasteatoda lunata (Clerck, 1757) juvéniles

Theridiidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

Xysticus sp. juvénile

Thomisidae

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Molenbeek-Saint-Jean

24/04/2011

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