Séance binoculaire à L’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (05 février 2011)


Ce samedi 05 février 2011, le GT araignées « Spidermanneke » était invité par la Société Arachnologique de Belgique (Arabel) à participer à une séance d’observation et d’identification des principales familles d’araignées sous binoculaire.

C’est donc sous l’œil avisé et professionnel de Robert Kekenbosch que nous avons passé quelques heures à décoder les secrets anatomiques de ces drôles de petites bêtes.

La séance était précédée d’une introduction théorique bienvenue pour nous remettre les idées en place.

Binoculaire

Le groupe studieux

L’identification de la famille, du genre, voire de l’espèce d’une araignée est une chose très complexe, (croyez moi) et passe quasi inévitablement par l’observation de l’animal au binoculaire. Cette étape oblige la capture et la conservation de l’araignée dans de l’alcool. Les araignées sont alors placées dans une petite opercule dans laquelle on y dépose des billes de verre sous forme de sable (afin de pouvoir positionner l’individu plus facilement) ainsi qu’une solution à base d’éther.

Pisaura mirabilis (Pisauridae)

 

Un peu de tout

Nous disposions d’une clé de détermination pour nous lancer dans la grande aventure…

Pour rappel :

Dans l’ordre des Araneae (Araignées), il existe deux sous-ordre :

– les Orthognathes (ou Mygalomorphes)

– les Labidognathes (ou Araneomorphes)

La distinction entre ces deux sous-ordres se fait au niveau des chélicères : projection parallèle (ou droite) pour les Mygalomorphes, projection croisée pour les Araneomorphes.

Ensuite, dans le sous-ordre des Labidognathes, il existe trois subdivisions (ou groupes) à distinguer impérativement :

– les araignées Cribellates : araignées possédant un cribellum et un calamistrum

– les araignées Haplogynes : seulement 6 yeux, et des organes reproducteurs simplifiés

– les araignées Entelegynes : 8 yeux, des organes reproducteurs plus complexes.

Donc, la première chose à vérifier lorsque nous sommes en présence d’une araignée non identifiée, c’est de compter le nombre d’yeux : 6 ou 8. Cette première étape permet d’isoler immédiatement les quatre familles d’araignées n’ayant que 6 yeux et regroupées dans le groupe des Haplogynes : les Oonopidae, les Scytodidae, les Dysderidae et les Segestriidae.

Pour voir si nous sommes en présence d’une araignée Cribellate, et en l’absence de sa toile caractéristique, il faut rechercher au binoculaire la présence du cribellum, sorte de plaque située au-dessus des filières, ainsi que le calamistrum, rangée de poils en forme de peigne située uniquement sur les métatarses des pattes 4. Même au binoculaire, il n’est pas toujours facile ni possible de voir ce genre de détail, ce qui rend l’identification particulièrement complexe.

A partir du moment où l’on se retrouve dans le grand groupe des Entelegynes, il faut considérer la disposition oculaire comme une observation primordiale puisque de nombreuses familles se caractérisent par un groupement oculaire bien déterminé. Par contre, si les yeux ne sont pas regroupés de façon caractéristique, il faut alors vérifier la forme des filières.

Et je ne voudrais décourager personne en disant que toutes ces étapes ne conduisent en général qu’à la détermination de la famille… Pour arriver au nom du genre, voire de l’espèce, il faut encore passer par de nombreuses étapes avant d’aboutir au résultat final.

Cette séance nous a donc appris bien des choses et nous a rapprochés un peu plus du monde mystérieux et complexe des araignées. Nous n’étions pas là pour faire de l’identification (mais ce genre de séance pourrait éveiller de nouvelles passions) mais bien pour y voir de plus près parmi les familles d’araignées.

Photo : R. Kekenbosch

Photo : R. Kekenbosch

Après la séance, nous avons eu l’honneur de visiter un endroit appelé « le conservatoire » et dans lequel sont conservés de nombreux spécimens d’araignées capturées dans toute la Belgique.

Photo : R. Kekenbosch

 

Je tiens donc à remercier vivement Arabel et surtout Robert Kekenbosch (sans oublier Chantal) pour cette très enrichissante après-midi !!!

(d’autres photos sur le compte flickr)

Brigitte Segers

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2 réflexions au sujet de « Séance binoculaire à L’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (05 février 2011) »

  1. Vrai!
    Brigitte, tu as bien résumé notre bonne après-midi à l’Institut.
    Merci encore à tous les participants, Arabel, Chantal et à mon mentor, Robert Kekenbosch.
    Merci à toi aussi, Brigitte.
    Une petite chose tout de même, tu n’as pas mis l’accent sur ce fait mais l’ambiance était vraiment extra

    Amygalement,

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